Culture

Sélection des plants

En général, les plants sont l'intrant qui coûte le plus cher dans la culture de la pomme de terre, soit de 30 à 50 pour cent du coût de production. Dans les pays en développement où il n'existe pas de système formel de fourniture des semences, les agriculteurs ont leur propre méthode de sélection des plants: ils vendent les grosses pommes de terre pour obtenir de l'argent liquide, réservent les moyennes à la consommation familiale et utilisent les plus petites comme plants.

La pomme de terre est cultivée pour la consommation dans une centaine de pays dont le climat est tempéré, subtropical ou tropical. Dans les régions tempérées, les pommes de terre sont plantées au printemps et récoltées à la fin de l'été. Dans les pays tropicaux, les meilleurs rendements sont obtenus entre 1 800 et 2 500 mètres d'altitude ou, à basse altitude, lorsque la plante est cultivée durant la période la plus fraîche. Le principal facteur limitant pour la production de pommes de terre est la température. On obtient les meilleurs rendements quand la température minimale diurne est de 18 à 20 °C tandis qu'une température nocturne inférieure à 15 °C est requise pour l'initiation du tubercule. La croissance de ce dernier est sérieusement inhibée par des températures inférieures à 10 °C et supérieures à 30 °C.

La culture de la pomme de terre implique une bonne préparation du sol. En général la pomme de terre est issue non pas d'une semence mais d'un plant, à savoir un petit tubercule ou un morceau de tubercule planté à une profondeur de 5 à 10 cm. La densité d'une rangée de pommes de terre dépend de la taille des tubercules et les rangées doivent être suffisamment espacées pour permettre le billonnage. On utilise en général 2 tonnes de plants par hectare.

Si on pratique la culture non irriguée de la pomme de terre dans une région sèche, pour optimiser les rendements on plante les plants sur un sol plat, qui assure une meilleure conservation des terres et des eaux, tandis que si la culture est irriguée, la plantation est faite en général sur des billons. Afin de protéger les sols, de lutter contre les plantes adventices et de réduire les pertes occasionnées par les ravageurs et les maladies, on pratique souvent la rotation des cultures pendant 3 ans ou plus en alternant la pomme de terre avec le maïs, les haricots et la luzerne. On évite les cultures susceptibles de développer les mêmes pathogènes que la pomme de terre, comme la tomate, afin de rompre le cycle de développement des ravageurs de la plante.

Sols et eau.  La culture de la pomme de terre exige des sols bien drainés et bien aérés. L'utilisation des engrais chimiques dépend de la richesse du sol en éléments nutritifs - les sols volcaniques, par exemple, sont souvent déficients en phosphore - et la culture commerciale irriguée en requiert des quantités relativement élevées. Cependant la pomme de terre peut tirer profit d'une application de fumure organique au début de la nouvelle rotation.

Il convient de maintenir un niveau d'humidité du sol relativement élevé. Pour donner les rendements, un cycle végétatif de 120 à 120 jours nécessite 500 à 700 mm d'eau. En général, si le déficit en eau survient du milieu à la fin de la période de croissance, les pertes de rendements sont plus importantes que lorsqu'il se produit au début. Lorsque l'approvisionnement est limité, il vaut mieux utiliser l'eau de façon à optimiser le rendement à l'hectare plutôt que d'irriguer une grande superficie.

Le système racinaire de la pomme de terre étant peu profond, les rendements réagissent bien à une irrigation fréquente et on obtient des rendements plus élevés avec un canon arroseur automatique qui reconstitue les pertes par évapotranspiration chaque jour un ou tous les deux jours. Dans les régions tempérées ou subtropicales, une culture irriguée de 120 jours peut produire 25 à 35 tonnes/ha, rendement qui tombe de 15 à 25 tonnes/ha dans les régions tropicales.

Lorsque les feuilles de la plante jaunissent et que les tubercules se séparent facilement du rhizome, la plante est arrivée à maturité. Selon le volume de production, on récolte les pommes de terre avec une fourche à bêcher, une charrue ou des engins mécaniques qui arrachent le tubercule et le secouent pour enlever la terre.